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mathvmoskvje

Vendredi 22 septembre 2006 5 22 /09 /2006 09:50

j'avais envie de faire une petite rubrique bouffe, petite mais quand même substantielle. (on sait apprécier la bonne chère, eeeehh oui.) mais j'ai peur de ne pas avoir assez de matos pour ça pour le moment. à vrai dire, j'ai trop envie de faire une rubrique bouffe pour me contenter du matos que j'ai en fait d'expérience gastronomique. (on apprécie la bonne chère ET on a envie de bien n'en parler!) eh, qu'est-ce que voulez-vous, c'est pas avec du borsh qu'on fait l'tour d'la russie (ça, c'est de moi).


et c'est fort de cette quand même deep thought (et aussi de ce petit demi-litre vraiment pas très mauvais de Ярпиво (qui d'ailleurs affecte de façon non négligeable actuellement ma capacité à taper en cyrillique) que je fais faire à cette envie un petit tour sur la tablette des bonnes intentions à laisser macérer. donnons-moi (hmmm, vite de même, là, j'ai comme l'impression ponctuelle et très vive que je suis le premier humain francophone sur cette planète à avoir proféré ce syntagme, mais j'exagère sans doute; il me faudrait une vérification en bonne et due forme) quelque temps et mon audace gastronomique va apprendre petit à petit à se déchaîner comme elle se le doit. car il y a bel et bien en russie (ou à moscou, faut toujours faire attention à ce type de généralisation) de quoi se déchaîner l'audace gastronomique. mais c'est que ladite audace est encore pour l'instant solidement (ah, tiens, pus de Ярпиво...) muselée, disais-je... hic!, à cette autre instance des sens que l'on pourrait nommer provisoirement, mettons-kiens-toi, « le j'sais-pus-quelième sens du mec à 10h d'avion et plus de son home-sweet-home natal », et j'ai nommé : l'obsession du budget.


(amen.)


on veut se la faire progressif, on veut se la claquer intelligent, on prétend savoir se la jouer cool, contrôle et sans les mains, mais on est quand même assez humble du crâne pour comprendre que les chiffres savent quelques choses bien placées sur nous, et entre autres celle de nous rattraper tout de même un peu l'enthousiasme et surtout l'incompétence en calcul. c'est pourquoi, 'scusez le pétage de bretelles, je me suis superdoté, pré-départ, d'une calculatrice. avec des gros caractères, pour être sûr sûr (à vue de nez comme ça, là, je dirais un bon 20 pts dans word... arial si mon pif est bon). et que j'me suis monté dès les premières heures praticables post-aterrissage un budget à faire rougir les concepteurs du budget d'l'an 1, lesquels méritent toute mon admiration. quand ils étaient en secondaire I, mettons... ou en VIe année... bon, ok, euh, à faire rougir pas beaucoup beaucoup d'monde, si ce n'est à rassurer un brin au moins ceux qui connaissent mes capacité à additionner, multiplier, diviser, soustraire et... ben... compter, disons-le comme ça.


ahh non mais c'que la peur de pas filer du portefeuille peut pas faire faire des fois. mais j't'un toff, et c'est qui l'boss?, que j'me susurre chaque fois que j'empoigne mon portefeuille pour sortir de mon réduit brun-jaune-frigo? bébibiensûr. mais presque immédiatement me revient au galop cette pensée que bien des gars comprendront, que m'semble que j'dis la même chose à tous les jours à ma cendrillon chérie et seul mon coiffeur (soit ma main droite) sait de quoi il en retourne vraiment. hem...


*


bref de bref (autant faire dans c'qu'on connaît le mieux dans l'ici-maintenant), les russes savent quand même bien c'est quoi d'la bonne bière. ont pas encore découvert la rousse (la vraie, là, pas la teindue... comme la maudite Ьочка à marde – espèce de « Rickard's Red » à 6,5% pouah, mal de bloc garanti le lendemain), mais savent qu'une blonde ou une ambrée faut qu'ça goûte quelque chose.


d'ailleurs ('tension, petite montée de lait antichenouze qui pourrait choquer), je considère en général que les européens ont une conception légèrement plus exigeante que nous (nous, amarakains) de ce que c'est que consommer un aliment par la bouche, quel qu'il soit. il me semble, personnellement, en effet, que leurs papilles gustatives sont légèrement plus aiguisées et exigeantes que les nôtres. et un excellent indicateur de ce fait (bon, c'est un « fait » pour moi, mais ce n'est peut-être que le pauvre fruit de mon imagination de newbie en russie) serait d'après moi la qualité de tout ce qui est « bouffe cheap » que l'on peut trouver sur toutes les bonnes tablettes d'une épicerie ordinaire. or, la moindre petite patinte bon marché européenne, toujours d'après moi là, semble tellement mettre k.o. son pendant amarikanski (pensons aux marques boboches de type « no name » ou « selection »; ils ont ça ici aussi, mais le p'tit nom cyrillique me revient pas là...). ok, j'ai pas fait le tour de l'europe, juste pris un avion allemand et passé quelques semaines en france, certain jadis, mais mon envie d'avoir raison penche pour la tendance à faire de ces petites expérience un corpus scientifiquement valable. que qui pense autrement me contredise à l'instant.


(ah. tiens. personne pour me contredire. en fait j'suis tout seul. j't'ai casssssé.)


à titre indicatif, mon demi-litre de Ярпиво m'a coûté 18 roubles (divisé par 24,5 = ... 0,74$can...) et c'est la moins chère de toute l'étagère du Продукты où je fais mes emplètes trijournalières (autre terminologie clinquante qui fait du bien à la créativité néologistique). personnellement, j'en déduis sans hésiter que c'est la plus médiocre des bières qui soit sur le marché russe. à québec, disons qu'on pourrait peut-être comparer ça à une bonne grosse Wild Cat. bref, en langage de brasseur qui s'la permet un peu lousse, une « bébine ». eh bien pour ma petite gueugueule de gars qui se tatargue chez lui de connaître un peu ça, la bière, eh ben non. moi, ma gueuguele e' m'dit : mec, c'te bière-là est excellente pour toi. oublie ça, le 18 roubles, c'est juste d'la comptabilité abstraite. c'est d'la tteeeerrrrèèèès bonne bière. (pour le moment. parce que je compte quand même bien upgrader mon champ gustatif un de ces quatre. ça m'fait déjà peur. jusqu'où ça peut aller?...).


et que répondre à cet espèce de démon tentateur qu'est notre gueugueule quand on a l'impression quand même plutôt vive et indéniablement empirique par dessus le marché que, bon yeu, ça goûte tout de même pas mal quelque chose, aidez-moi que'qu'un. comment aborder la section bière d'un simple dépanneur de limoilou après une telle expérience, qu'on se prend soudain à s'auto-interroger par en-dedans... mais j'ai amplement le temps d'en revenir. pourtant...


et voilà comment on devient frappé en 15 jours meszieudames.


*


(petit retour sur quelque affirmation qui put surprendre certaines pupilles, ici : je crois en effet que moscou est davantage européenne qu'asiatique ou que centrasiatique (pas de dictionnaire à portée, on va appeler ça « centrasiatique »; j'trouve même que ça fait prof de relations internationales, vite de même...). j'pourrais pas vraiment en faire un semestre de séminaire à lomonossov, mais d'après moi, la culture moscovite est très européenne. peut-être un peu moins que saint-petersbourg, quand même. mettons que moscou serait 75% européenne et 25% autres (mongole, slave, etc.), et que saint-petersbourg serait résolument 90% européenne et 10% autres. mais j'dis ça parce que j'ai pas vu encore saint-petersbourg. et aussi parce que mon p'tit bagage de connaissances géopoliticoculturelle me porte à déduire que moscou est un peu plus « sauvage » ou bigarrée que saint-pet. j'aurai bien l'occasion de vérifier ça en temps et lieu. mais j'pense que j'ai ben raison.


*


v'là donc pour ma p'tite (mais quand même élégante, non?) mise en tablette d'une éventuelle rubrique bouffe. j'vais sortir un peu plus, j'vais ramener les dépenses à un point plus comfy et on r'mettra ça. tout de même (puisque j'y suis dedans quand même un peu), je peux confirmer que le borsh, entre autres trouvailles, est plus qu'excellent. pour ceux qui apprécient le mélange bettraves-pommes de terres-tomates-choux-boeuf (et quoi d'autre encore, amenez-en un autre tout d'suite que j'me concentre un peu plus), le tout finement saupoudré d'un nuage d'annette et cyprinement baigné par une bonne grosse motte joyeusement dodue de crème sûre (et dieu sait combien la crème sûre ici est ferme, goûteuse et néanmoins cumulus-nimbusement mousseuse), accompagné, de surcroît, par une assiette généreuse de tranches de pain de seigle bien noir, c'est un régal de foubraque. vraiment, mon borsh au Ёлки Палки du coin (l'une des chaînes de restaurants les plus populaires de la russie – prononcer [yolki palki]), m'a laissé une impression sur le bord de l'inoubliable. et une envie de pousser l'enquête gastronomique une coche plus loin.


et accessoirement une envie d'en acheter en canne...


ce que je n'ai pas hésité à faire dès que j'en ai aperçu.


du borsh en canne. non mais. trop cool.


пожалуйста!


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Par Math - Publié dans : mathvmoskvje
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